
Je sais pas toi, mais moi quand j’ai sorti ce truc de sa pochette, la première chose que je me suis dit, c’est que ce serait génial d’y mettre de l’eau et des têtards, et limite je me mettais à courir vers le grand bassin pour en attraper quelques uns et les glisser dans mon aquarium improvisé… Où qu’elle s’est envolée mon enfance chérie ?
Oui je sais. Des fois j’ai des idées bizarres…
N’empêche… quand tu penses que toute mon enfance je me suis emmerdée à utiliser un seau en plastique pour y mettre mes têtards, seau en plastique certes solide mais pas du tout transparent, ce qui m’obligeait à passer des heures pliée en deux sur ce fichu seau pour voir évoluer mes larves, seau qui se renversait chaque fois que je m’appuyais un peu trop sur ses bords ou que mon frangin trop petit en tirait la anse pour admirer mes prises de guerre, ce qui provoquait systématiquement cris et hurlements de ma part, suivi d’une bagarre pendant laquelle les petites bêtes agonisaient sur le sol et finissaient forcément piétinées au milieu d’une mare de flotte…
Alors qu’avec ce truc-là, à la fois solide et transparent, j’aurais pu admirer mes futurs batraciens à longueur de journée sans avoir à me tordre le cou, que mon frère n’aurait pas eu à tirer sur la anse pour voir lui aussi ces merveilles, qu’il n’y aurait point eu de cris ni de batailles et que peut-être je devenais éleveuse de grenouilles… toutes ces morts inutiles… toute une enfance gâchée… une carrière foutue en l’air… vie de merde.
On ne ré-écrit pas sa vie… putain de pensée philosophique que je viens de te balancer là, dépêche-toi vite de la noter sur ton petit carnet à spirales pour la ressortir lors des dîners mondains mon chou, tu vas faire sensation.
J’ai donc décidé que pour les têtards, j’allais m’abstenir… il est des décisions parfois difficiles qui changent le cours d’une vie mais qu’on se doit néanmoins de prendre quand l’âge adulte pointe le bout de son nez.
J’ai donc récupéré la notice qui allait avec l’aquarium… et j’ai essayé de déchiffrer le feuillet explicatif…
Petit 1 : ne pas ouvrir complètement le préservatif… ah ben oui. Sauf que moi c’est la première chose que j’ai faite… et encore… estimons-nous heureux, un peu plus et je le remplissais avec des têtards et de la flotte.
Petit 2 : superposer l’anneau rigide supérieur sur l’anneau rigide inférieur… ah ben oui. Ca, y’a pas de problème, c’est d’une simplicité enfantine.
Petit 3 : former un huit en croisant les anneaux superposés… ah ben oui. Ca c’est compter sans le fait que le préservatif est tellement lubrifié qu’à mon avis il n’est destiné qu’aux nonagénaires moldaves, oui la Moldavie est un pays fort réputé pour sa sécheresse, et que donc, il te saute à la tronche chaque fois que tu entames la deuxième boucle du huit. M’enfin. On est douée ou on ne l’est pas…

Petit 4 : insérer le huit dans le vagin en poussant avec le doigt, tout en laissant dépasser l’anneau supérieur à l’extérieur. Mon dieu, mon dieu, heureusement que je ne suis pas allée au grand bassin. Je ne te dis pas comme c’est sexy… et érotique… en gros ça donne ça…
Et puis quoi encore ? Oui, ce sont mes doigts… t’as qu’à faire preuve d’imagination… nan, mais oh !!
Petit 5 : quand votre partenaire, int… ah oui… je me disais bien que j’avais oublié un détail…
Quelle cruche !! J’ai pas le partenaire.
Va falloir que je désigne un volontaire d’office… un volontaire prêt à tester la chose, qui ne va pas s’enfuir en courant en voyant l’objet… note, je ne suis pas obligée de lui en parler. Peut-être que dans le feu de l’action, il ne s’apercevra de rien. C’est bien connu, les hommes tu leur fais un ou deux câlins bien placés et hop, ils oublient tout le reste…
Et moi, pour ce qui est des placements…
Copyright les 7 péchés capiteux 2009